Monsieur le Procureur de la République

 

 

 

 

 

La Maison Départementale des personnes handicapées de l'Hérault menace une personne d'un procès au TGI parce qu'elle défend une personne handicapée.

Événement grave et certainement unique dans notre pays ! Le Président Chirac, avant de quitter ses fonctions, nous a demandé de ne jamais baisser les bras devant une injustice ou une discrimination. L'événement que je vais vous rapporter réunit ces deux vocables.

Il y a plus d'un an maintenant, le Professeur Pierre Labauge, neurologue de son état, me faisait une ordonnance pour changer le fauteuil roulant électrique avec une assise conforme à l'évolution de ma colonne vertébrale. Au bout d'une année 2010 d'essais de matériels censurés par la MDPH34 pour les motifs les plus divers, nous avons quand même réussi cet automne à nous mettre d'accord sur un fauteuil correct.

Avec le remboursement de la Sécurité Sociale, de la Mutuelle Nationale Militaire et la prestation de compensation, il est financé à 100%. Il n'y a pas de problème de " reste à charge ". C'est l'assistante sociale de Propara qui m'a téléphoné toute heureuse de m'annoncer que je n'avais rien à payer. Il n'y avait donc besoin que d'une signature et un coup de tampon pour que mon fournisseur du matériel puisse commander l'appareil !

Mais non, il manque une commission à la MDPH34 pour savoir si c'est possible ! Nous avons attendu. Fin Décembre 2010, le fournisseur nous demande si nous avons reçu l'accord administratif. Danielle Prades décroche notre plus beau téléphone, et appelle le service concerné. Là, personne ne veut écouter, ne sait pas, ne sait rien, n'est pas là, celui qui sait est absent, etc. Depuis des semaines j'ai de violentes douleurs vertébrales, d'autant plus que mon fauteuil actuel a une panne due à la vétusté, et que en attendant les réparations (qui vont coûter " la peau des fesses " ce dont on se serait bien passé si j'avais obtenu le fauteuil en temps légal!) je vis sur un engin pire que tout, même pas assez puissant pour me déplacer en sûreté.

La moutarde est montée au nez de Danielle Prades qui a élevé la voix et exigé une date et une heure pour cette " réunion indispensable ". On refuse toujours de lui répondre à ce sujet, on lui objecte avec la méthode habituelle de la MDPH34 que si l'on me faisait une place dans la réunion, je volais la place de quelqu'un d'autre… Madame Prades menace alors de venir avec un huissier.

Elle leur fait remarquer qu'elle a à ses côtés dans le salon une personne étrangère à la famille, et qui témoignera de leur mauvaise volonté vu que j'étais en danger, et qu'elle ne raccrocherait pas le combiné sans avoir une réponse à la demande initiale. Au bout de dix longues minutes, la réponse vient enfin, avec en fond sonore des éclats de voix et des rires divers méprisants pour sa volonté d'aboutir.

Nous avons eu rendez-vous pour le 10 janvier 2011 à 15h 30. Le matin même Mme Prades a reçu la lettre ci-jointe l'informant d'une plainte déposée contre elle auprès du Procureur de la République et du Tribunal de Grande Instance, pour harcèlement téléphonique contre des fonctionnaires en exercice.

Il est scandaleux d'attaquer ainsi une personne dévouée parce qu'elle n'accepte plus que les services ne fassent pas leur travail. Je me pose même la question de savoir si je vais prendre un avocat pour dénoncer l'incurie et la nonchalance de cette lettre (c'est une option).

J'ajoute qu'en toute illégalité, puisque je ne suis pas un majeur protégé et que j'ai toutes mes capacités intellectuelles, que le Conseil Général et la MDPH34 semblent entretenir des contacts avec ma famille, puisque mes parents sont informés d'éléments de mon existence qu'ils n'ont pas à connaître. Certains de ces éléments ne peuvent provenir que de la MDPH34 ou du CG34.

La réunion fut un mauvais poème : attaques réglées contre Danielle. Monsieur Doriguzzi, Docteur en Science Politique, est traité comme un gamin morveux, Madame Prades qui m'accompagnait, comme elle le fait depuis 20 ans, Madame Prades donc, a été violemment prise à partie au cours de la discussion (Qui vous êtes ? Pourquoi êtes-vous là ? Etes-vous sa mère ?...) Tant et si bien qu'après avoir posé les bonnes questions sur le fond malgré la difficulté de causer du fauteuil roulant, elle est sortie de la pièce, excédée. Madame B m'a alors demandé " de venir accompagné de quelqu'un d'autre la prochaine fois que je venais à la MDPH. " De quoi se mêle-t-elle ? Dans leur tête un gars handicapé adulte doit-il se soumettre à leurs caprices ? Je ne suis pas sous tutelle et je considère ça comme une ingérence malvenue dans ma vie privée. Monsieur B F (membre du CHA), lui, m'a lancé " Tu es mal accompagné " Lui ai-je demandé le nom de sa salariée ? Je ne lui ai pas demandé pourquoi il présidait la commission ? De quel droit? Quel est le niveau de celui qui a osé dire cela? Ils ont insulté Danielle Prades, ils ne connaissent rien de l'histoire, de ses batailles, et visiblement ils veulent la salir pour mieux m'atteindre, m'affaiblir. J'ai tout de même réussi à poser une question : " Du temps de la COTOREP, il fallait deux mois pour changer fauteuil; avec la MDPH, il faut entre douze et dix-huit mois. Pourquoi ? " Pas de réponse. Tout baigne !

Toujours est-il que nous nous sommes sortis de la MDPH 34 sans aucun papier signé ni aucune réponse, sinon que la commission allait délibérer (sur quoi, puisque le financement est acquis?).Il paraît que je recevrai un courrier dans les semaines qui viennent… En attendant personne dans la commission ne m'a demandé pourquoi je changeais de fauteuil, quel était mon état de santé, et de quoi parlait le Professeur Labauge lorsqu'il évoquait les problèmes vertébraux. Nul doute que nous avons affaire à des professionnels !

Monsieur le Procureur de la République

Pascal Doriguzzi